Applications mobiles — 16 septembre 2010 — 8 commentaires
On l’attendait, ils l’ont fait !

L’histoire du E-Commerce est faite de ces innovations qui marquent le temps et les esprits. Ces innovations n’apparaissent pas toujours comme majeures, jusqu’à ce que l’on se demande un jour « mais comment faisait-on avant ? ». Alors quand une de ces innovation arrive, l’occasion est trop belle pour ne pas pondre vite fait bien fait un article qui fera date…

Rolls Royce a une application Iphone sur AppStore…

Depuis le mois de mai de cette année, la vénérable maison britannique (qui fait partie du groupe BMW) propose aux « enthousiastes et aux acheteurs potentiels » de configurer leur future Rolls Royce Ghost sur Iphone. Le communiqué de presse précise qu’il est possible de choisir entre les 12 couleurs standards pour l’extérieur, les 3 types de roues et bien sur les 8 types de cuirs différents pour recouvrir l’intérieur.

Il est même possible d’utiliser le GPS pour (geo) localiser le concessionnaire le plus proche afin de procéder à l’achat.

Cette innovation majeure dans les domaines de l’internet mobile et de l’automobile m’inspire 3 questions…

  1. A quoi cela sert ? Y a-t-il vraiment un marketeur chez Rolls Royce qui a sérieusement pensé que cette application allait permettre d’accroitre les ventes d’un engin dont le prix démarre  à 300.000 euros ?
  2. On pourra toujours sortir l’argument de la gestion d’image, mais une marque aussi connue et reconnue que Rolls a t’elle vraiment besoin d’affirmer sa présence sur le web mobile ? Personnellement quand j’hésite entre m’acheter une Rolls ou une Dacia je ne  base pas vraiment mon choix sur la possibilité ou non de faire une simulation de configuration sur mon mobile.
  3. La prochaine étape ce sera quoi ? Dassault va lancer son application Ipad pour permettre aux acheteurs potentiels et aux enthousiastes de la marque de configurer en ligne leur prochain Rafale ?

Il y a en tout cas une certitude dans cette histoire : l’account manager de l’agence web qui s’occupe de Rolls Royce est un sacré vendeur.  Réussir à obtenir un budget pour ce genre de gadget… chapeau ! Par contre je constate que l’Analyste Business en charge du projet devait être un junior, car il a oublié de prévoir la possibilité de configurer la Phantom – l’autre modèle de chez Rolls. Erreur impardonnable.

Moralité (parce qu’il faut quand même être un peu sérieux)

Faire une application Mobile c’est comme faire un site web : cela doit avoir un sens et apporter de la valeur ajoutée aux consommateurs ou à l’entreprise. Sinon cela ne sert à rien d’autre que de faire vivre les agences web. Et si votre site web (r)apporte de la valeur, ce n’est pas pour autant qu’une application mobile en fera autant.

Pour ceux qui voulaient justement changer de voiture : http://itunes.apple.com/us/app/rolls-royce-ghost/id357724220?mt=8

Geoffrey Laloux – Synaptic (AgenceBlogRSS)

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L'auteur

Geoffrey Laloux

Actif depuis 1998 dans le web (à l'époque on parlait encore de modems 2600 bps et de Bulletin Board System - les vieux comprendrons). D’abord dans la gestion de projet et l’intégration avec les systèmes IT, puis dans la consultance en e-marketing stratégique. En 2008 j’ai fondé Synaptic, une agence de conseil spécialisée Stratégie Marketing Digital, Social et Mobile. Synaptic travaille essentiellement pour des « grands comptes » Belges ou Européens mais également pour des ONG. Je donne également des formations en marketing en entreprise et dans des écoles de Marketing / Communication.

 

8 Commentaires

  1. Je n’ai pas du tout compris le sens de ce « coup de gueule » (appelons ça comme ça, même si je sais bien que c’est avant tout de l’asusement).

    Pourquoi une marque de luxe n’aurait-elle pas le droit de soigner son image sur le web mobile ?
    En quoi est-ce plus aberrant de personnaliser une rolls sur une appli iPhone que sur un site « classique » ?

    Il y a deux types d’utilisateurs : ceux qui peuvent réellement s’offrir un Rolls, et ceux qui n’en ont pas les moyens mais qui voudront juste créer LEUR Rolls, histoire de rêver un petit peu, l’espace d’un instant…

    Parce que vendre du luxe, c’est avant tout cela : permettre à ceux qui en ont les moyens d’acheter ce dont les autres rêvent.

    Ce n’est pas parce que tout le monde ne peut pas s’offrir mes produits que tout le monde ne doit pas en parler, voire même en rêver. C’est justement sur ce principe que se construisent les marques de luxe.

    Il est évident que le but premier ici n’est pas de convertir les visites en achats, mais de diffuser du rêve et donc de soigner son image…

    Et puis après tout, pour reprendre ton 2ème point, rien ne dit que ça ne convaincra pas quelqu’un qui hésitait entre une Rolls et une Bentley ;)

  2. Bonjour Flo,

    Derriere la boutate il y a effectivement une reflexion de fond (ou bien est ce l’inverse ?).

    en fait cet article est le resultat de plusieurs constats;

    1) Tout le monde veux faire des appli, surtout pour l’Iphone, c’est tendance, c’est hype c’est tout ce que l’on veux. Mais combien de marketeurs se posent reellement la question du retour sur investissement ? (le fameux R.O.I)

    2) Je me suis souvent demandé ce que les marques de luxe avaient a gagner à promouvoir leurs produits sur le web. Je parle bien ici des produits et non de la marque en elle même. Tout comme je parle des marque de « vrai » luxe, celles qui vendent des produits a plusieurs centaines de millier d’euros, pas des marques premium qui se contentent de babioles a seulement quelque milliers d’euros.

    la troisème source de reflexion vient de mon boulot de tous les jours. En tant que consultant je suis amené aussi bien à vendre des projets à des clients (annonceurs) qu’a défendre les interets de ces mêmes clients face aux agences web. Et j’avoue que je suis un peu reveur et perplexe quand je vois un projet tel que celui ci reussir passer tous les obstacles dont celui du fameux « ROI ».

    Ceci dit je reconnais que tu as raison sur un point, le luxe entretient sa reputation et son image en permettant aux vulgus pecus de rever. Cette appli Iphone Rolls Royce est sans doute la version bobo high tech du poster « Porsche Power » (celui avec une nana a poils sur le capot) que j’avais dans ma chambre d’adolescent.

  3. À vrai dire, le fameux ROI qui déclenche tant d’étincelles dans les yeux est très complexe à mesurer dans l’univers du luxe.

    On ne parle pas ici d’un secteur où on raisonne en termes de conversions, de leviers marketing, de retour direct sur investissement, et autres termes très « terre-à-terre ».
    Trop terre-à-terre justement, lorsqu’on observe tout ce qui construit l’image d’une marque de luxe, et justifie la valeur qu’on lui attribue. Quand on travaille dans le luxe on ne vend pas tant des produits que de l’image. Ce qui explique notamment l’écart conséquent entre le coût de revient matériel d’un produit et son prix de vente, ou encore des choix de distribution loin de faciliter la vente au plus grand nombre…

    Et dans ce contexte, quoi de plus difficile à mesurer que la capacité à faire rêver ? Car il s’agit bien là du retour sur investissement attendu sur le court terme (le reste suivra mécaniquement à plus long terme, si ce premier point est atteint).

    L’analogie avec le poster Porsche est en effet très bonne. Il y a effectivement peu de chance pour qu’on retrouve ce genre de posters chez les véritables propriétaires de ce type de véhicule…
    Mais ces mêmes propriétaires auraient-ils achetés une Porsche si ceux qui ont des revenus plus modestes ne « bavaient » pas devant ?
    Quand on achète un produit de luxe, on achète certes un produit de qualité exceptionnelle, mais on soigne aussi et surtout son égo.

    Une autre analogie, plus éloignée du monde du luxe mais qui répond cependant à cette même problématique : l’ouverture récente des Apple Stores à Paris.
    Je doute (peut-être à tort) qu’ils soient vraiment rentables en tant que points de vente, et leur fameux ROI est donc certainement très discutable selon cette approche…

    Mais doivent-ils justement être considérés comme des points de vente ? Personnellement je ne le pense pas. :)

  4. j’ai découvert ce site http://www.webandluxe.com/ il y a pas mal d’infos et de pistes de reflexions sur le monde du web de luxe.

    Il y a aussi un dossier dans Strategie.fr http://www.strategies.fr/etudes-tendances/dossiers/128381/127996W/luxe-et-web.html

  5. Personnellement, je ne vois pas trop pourquoi Rolls ne pourrait pas faire du webmarketing, que ce soit sur web ou sur mobile.

    Personnellement, je pense qu’ils ont raison de le faire car même si effectivement ça ne déclenchera pas de vente supplémentaire direct, ça entretient la flamme du rêveur qui touche un (petit) peu plus du doigt et ça maintient donc le prestige de la marque.

    ça évite aussi de tomber dans l’oubli. La preuve, Maseratti, Porsche ont des configurateurs web très complets limite plus complets que des constructeurs généralistes type Peugeot ou VW

    Bref, que du bon pour moi !

  6. Aprés avoir tout lu, je reste quand même d’accord avec Geoffrey sur le fond

  7. Il faut dire qu’ils ont le souci de la modernité, quand tu vois leurs modèles évoluer dans le temps, avoir une touche sur le web, ce n’est pas être à la mode, ce n’est pas être geek, c’est être moderne. Je pense bien que c’est leur crédo, l’alliance de la tradition et de la modernité.

    Puis bon, même les ministres ont des iphones, alors bon entre riches c’est bien de se partager des aplis de riches :D

    J’adore la comparaison avec le poster… eh ouais « Tout le monde veut la même chose. Mais personne ne veut que tu l’obtiennes avant les autres » Shurik’N

  8. Pour répondre dans l’ordre aux 3 questions :
    1)ça va servir aux vendeurs et concessionaires plus qu’aux clients.
    2)ça sert à parler de la marque, ce qui fonctionne, vu cet article de blog.
    3) L’appli iPad de Dassault servant à montrer les avions maison existe déjà, mais elle n’est pas sur l’app store.

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