Facebook Social Media Twitter — 09 septembre 2009 — 1 commentaire
Les entreprises doivent-elles interdire, encourager ou réglementer l’usage des médias sociaux par leurs employés ?

Si les départements Markerting, Vente et Communication se sentent de plus en plus impliqués et sont de plus en plus conscients des enjeux et des potentiels des médias sociaux, les départements RH s’estiment pour la plupart non concernés par le sujet, et pourtant…

Les médias sociaux et l’User Generated Content sont aussi reliés au règlement de travail d’une entreprise.

entreprise medias sociaux

Les internautes qui créent des discussions sur les forums, postent des vidéos, s’expriment sur leurs blogs, partagent leurs états d’âme ou leurs frustrations professionnelles sur leur page Facebook, sont aussi des employés

Une question se pose dès lors : une entreprise doit-elle réguler l’usage des médias sociaux par leurs employés ? Et comment faire ?

Nous tenterons de répondre à la première question dans cet article. Pour ce qui est de la seconde, nous renvoyons le lecteur à l’article que nous avons publié directement sur le Blog de Synaptic.

La question de l’utilisation des médias sociaux par les employés est cruciale car elle concerne le droit légitime d’une entreprise à protéger sa réputation et à garder la main sur sa communication institutionnelle. Toutefois elle est éminemment délicate car elle touche également au droit fondamental de la liberté d’expression des individus.

Le sujet est d’autant plus sensible et crucial que les internautes sont aussi prompts à relayer les actions malheureuses des employés qu’à se transformer en chevalier vengeur dès qu’il s’agit de défendre la sacro sainte liberté d’expression sur la toile.

Interdiction Totale ?

Au premier abord, bon nombre d’entreprises sont tentées de considérer que tout cela doit rester totalement en dehors de la sphère professionnelle. Concrètement, cela se traduit par l’interdiction d’accès aux sites «sociaux » depuis les terminaux de l’entreprise et/ou pendant les heures de travail des employés.

L’argument le plus souvent avancé pour justifier ce type de blocage est celui de la sécurité, la peur des virus, la surcharge de la bande passante, et surtout que les employés ne sont pas payés pour entretenir leur réseau social pendant leurs heures de travail.

Cette mesure radicale ne fait cependant que déplacer le problème. D’une part, les réseaux Wi-Fi ou GRPS permettent de contourner les FireWall des entreprises. D’autre part, à moins que l’employé ne squatte les locaux de l’entreprise, il rentre régulièrement chez lui où il a souvent accès à la toile via sa machine personnelle.

Restreindre l’usage ?

Même en ne s’exprimant que pour son cercle d’amis ou de « suivants », un employé qui communique publiquement sur la toile est susceptible d’engager directement ou indirectement la parole ou l’image de son entreprise. La plupart du temps, cela se fait sans mauvaise intention et surtout sans conscience des conséquences possibles.

Le problème et le danger viennent de la porosité et de l’interconnexion des réseaux. Deux phénomènes qu’ignore la quasi totalité des utilisateurs de réseaux sociaux.

On pourrait prendre l’exemple d’un employé, appelons-le John Doe, comptable dans l’entreprise X.

Sur sa page personnelle Facebook, il exprime ses doutes quant à la solidité financière de son entreprise. John n’en fait mention qu’à quelques amis et membres de sa famille. De plus, il n’a pas indiqué sur Facebook dans quelle entreprise il travaille et il reste assez vague dans ses déclarations.

Dans ces conditions, on voit mal en quoi John a porté atteinte à l’image de son employeur.

Où est le problème ? Tout d’abord, John Doe ignore peut-être qu’en l’absence de réglage adéquat, ses commentaires sont lisibles par des personnes n’appartenant pas à son cercle d’amis immédiat. Ensuite, John Doe a peut être sympathisé avec des collègues de travail et certains sont devenus ses « amis » sur Facebook. Enfin, John Doe a également un profil Linkedin reprenant sa fonction et le nom de son employeur.

Une simple recherche avec un outil comme 123people, Pipl ou même Google permet de faire très rapidement le lien entre les deux profils.
En quelques clics, n’importe quel client, fournisseur ou collègue de John peut donc se faire une idée de la solvabilité de l’entreprise X.

De manière générale, la simple étude de l’évolution du réseau de connections de vos contacts Linkedin permet d’apprendre bien des choses sur une entreprise comme par exemple les démarches commerciales en cours ou les personnes qui cherchent à quitter leur emploi actuel.

Pour lutter contre ces fuites, une entreprise pourrait interdire l’utilisation de références professionnelles dans les profils des employés, mais outre le fait que cela est juridiquement discutable, c’est surtout totalement incontrôlable.

Malgré tout, certaines entreprises cherchent à licencier les employés qui auraient divulgués sur le net des informations nuisibles à l’image de l’entreprise. Elles peuvent évoquer pour cela la « rupture du contrat de confiance » . Non seulement la jurisprudence ne reconnait pas ce motif de licenciement, mais en plus cela nuit à l’image de l’entreprise qui peut apparaître alors comme liberticide.

Encourager l’usage ?

Les partisans des réseaux sociaux avancent que l’utilisation de ces derniers – même à titre personnel et pendant les heures de bureau – peut se faire au profit de l’entreprise, que ce soit pour renforcer les relations professionnelles, pour apporter un support aux clients et/ou fournisseurs, ou encore pour permettre l’auto-formation continue des employés actifs dans les domaines de la communication, du marketing, des technologies, etc.

L’idée est que n’importe quel employé peut se transformer en prescripteur d’achat ou en ambassadeur de (la) marque très efficace s’il est correctement motivé, encadré et formé pour ce faire.

Le web conversationnel se définit comme l’outil permettant la communication de consommateur à consommateur (C2C), mais il est aussi l’outil de l’interaction directe entre les employés et ces mêmes consommateurs (E2C). Les outils collaboratif et les réseaux sociaux permettent également la circulation de l’information à l’intérieur de l’entreprise, que ce soit de manière verticale (B2E / E2B) ou horizontale (E2E).

Nous n’essayerons pas ici de trancher le débat. Tout au plus dirons-nous que nous connaissons des exemples de sociétés privées ou d’institutions publiques qui ont adopté l’une ou l’autre position avec des conséquences aussi bien positives que négatives.

Au final, l’impact dépendra du secteur d’activité de l’entreprise, du type de contrôle managérial, du profil des employés concernés, de leur fonction, et surtout de leur niveau de formation à l’usage des nouveaux médias et à leurs conséquences possibles.

La conclusion est extrêmement pragmatique et repose sur l’adage populaire : If you can’t beat them, join them.

A partir du moment où il est tout à fait illusoire et même contre-productif d’empêcher les employés d’utiliser les médias sociaux, il est de loin préférable d’en encourager l’usage dans un cadre clairement défini.

Avec pour objectif d’une part d’éviter autant que possible les dangers les plus importants, et d’autre part de créer une convergence de valeurs afin que l’employé-internaute agisse de sa propre initiative dans l’intérêt de sa société sans pour autant restreindre sa liberté d’expression.

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L'auteur

Geoffrey Laloux

Actif depuis 1998 dans le web (à l'époque on parlait encore de modems 2600 bps et de Bulletin Board System - les vieux comprendrons).J’ai toujours travaillé dans la « transformation digitale », d’abord dans la gestion de projet et l’intégration avec les systèmes IT, puis dans la consultance avec l’accent mis sur la communication et le marketing crossmedia.Plusieurs années dans les télécoms, puis de 2008 à 2014 comme gérant d’une agence de Marketing Stratégique (Agence Synaptic) avant de rejoindre le secteur des médias comme « MarCom Manager » d’une plateforme vidéo.En 2015 j’ai intégré le cabinet de consultants « Initio » (Groupe Square Management) ou je m’occupe de transformation digitale dans le secteur de la banque et de l’assurance.Je donne également des formations en stratégie marketing dans les entreprises et dans les Hautes Ecoles en Mar-Com.

 


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